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Négrophobie d’Etat – aux origines blanches du nègre

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L’idée est de prendre comme point d’appui psychologique, non pas la fable de la cigale et de la fourmi raconté par le livre des blancs, mais celle que nous raconte le livre de la nature qui gagnerait à être plus connu : Le parasite et la fourmi. Cette histoire raconte l’histoire de l’Ophicordyceps unilateralis. Lequel zombifie totalement le corps d’une fourmi en prenant le contrôle de son éprit de l’intérieur transformer son hôte en esclave mental, en l’obligeant à ne vivre plus que pour les intérêts de son bourreau.

L’histoire nous dit tout de même à la fin, que l’Ophiocordyceps qui se fixe pour objectif de zombifier toute la colonie de fourmis, n’est pas en capacité de leur ôter toute chance de se retourner. En effet, il arrive que certaines fourmis puissent détecter, avant qu’il ne soit trop tard, cette prise de contrôle mentale sur une des leurs. A ce moment elles la lèchent pour conjurer le mauvais sort aliénant. Mais si si après avoir tout essayé elles se rendent compte que les jeux sont définitivement fait, elles escortent la fourmi zombifiée hors de la colonies pour éviter qu’elle ne contamine tout le groupe.

Autant dire que cette histoire nous a amené à voir dans le Cordyceps, le Totem de la suprématie blanche. Car tous deux possèdent le même instinct de mort impérialiste. Tandis que la fourmi, dans bien des aspects, nous parait pouvoir incarner, ne serait-ce que le temps de ce livre, le Totem de la communauté noire, pour son état d’esprit communautaire qui favorise la famille avant tout, et se trouve à l’antipode de l’individualisme. Mais surtout – tant qu’elle n’est pas zombifiée – fait preuve d’une cohésion et d’une résistance communautaire sans faille. Autrement dit, elle nous montre la voie à suivre.

Par ailleurs cette histoire nous rappelle que la partie la plus dangereuse de la colonisation est justement celle que l’on ne voit pas : la neurocolonisation. Sachant que nous ne pouvons développer ce concept sans dire que colonisation et neurocolonisation forment les 2 parties, visible et invisible, d’une même arme de domination impérialiste. Cela fait, notre propos vise à dire que nous ne sommes certainement pas des neuroscientifiques, et donc ne pouvons-nous décrire comme des spécialistes concernant la question du cerveau humain. Mais l’Etat d’urgence plus que critique dans lequel nous place la guerre psychologique que nous livre l’impérialisme culturel occidental, nous oblige à envisager un plan de bataille devant nous permettre de reconquérir le vaste territoire de notre psyché neurocolonisé par la suprématie blanche.

Pour imager cet état de fait, nous devons visualiser la scène exprimant l’idée selon laquelle la maison de notre tradition est en proie à un violent incendie qui la consume depuis plus de 5 siècles. Et ce n’est pas parce que nous n’avons jamais été formé en tant que pompier, que nous ne devons pas prendre des initiatives pour tout faire pour l’éteindre et sauver notre famille. Car dans notre cas, résister, n’est malheureusement plus une option, mais une question de vie ou de mort psychique qui précède toujours la mort physique. Voilà pourquoi chaque personne que la suprématie blanche a ultra négativement définie comme étant noire, doit impérativement comprendre qu’il lui faut rejoindre la neuro-résistance marrone.

Ce point souligné, nous préciserons que l’état des éléments que nous avons amassés dans des ouvrages de neurosciences s’agissant de la question du cerveau nous apprennent qu’en ce qui concerne la division des taches de l’activité cérébrale humaine, les choses sont principalement réparties entre le conscient et l’inconscient. Le conscient produirait 5% à 10% de notre activité mentale, alors que l’inconscient (comprenant le subconscient), 90% à 95%. Bien sur ces données statistiques ne visent pas à restituer la complexité de la réalité impossible à approcher au nanomètre près, mais à donner un ordre d’idée et peut être de grandeur permettant de rendre accessible ce genre de connaissance qui sans ça resteraient trop abstraite.

Cela dit, on comprend qu’il est plus rentable pour l’impérialisme culturelle de contrôler 95% de notre inconscient, que 5% de notre conscient. Ceci d’autant que les neurosciences nous apprennent qu’en dépit de l’arrogance qu’il affiche, le conscient contrôlent (presque rien), alors que notre inconscient contrôlerait (presque) tout. Pour saisir cela, il faut comprendre que notre conscient peut être considéré comme le pilote manuel de notre cerveau, alors que l’inconscient, comme son pilote automatique. La partie de notre cerveau conscient s’active en quelque sorte pour traiter toutes les situations insolites ou nouvelles, alors que la partie du cerveau inconscient gère les situations routinières. Parce que la réflexion demande beaucoup trop d’énergie à chaque fois que nous l’activons, dès qu’il le peut notre cerveau commute, sans prévenir, sur la fonction pilotage automatique dans le but d’économiser un maximum de ressources cognitives. Car dans le disque dur de notre inconscient sont enregistrés quantité de souvenirs inscrits, non pas objectivement, mais en fonction de nos émotions qui les convertissent en solution stéréotypées.

Par exemple, je me suis fait méchamment mordre par un chien quand j’étais tout petit, le souvenir est profondément refoulé maintenant que je suis adulte. Mais si j’y avais accès, il m’expliquerait pourquoi j’ai peur des chiens sans pouvoir y apporter de réponse. Parce qu’à l’insu de ma conscience mon inconscient à interpréter mon expérience avec les chiens comme mauvaise, et tant qu’une habitude ne lui prouve pas le contraire, l’information sera encodée dans ce sens phobique. Voilà donc pourquoi l’inconscient a le pouvoir sur le conscient ; parce qu’il est la matière première qui l’alimente, même s’il n’en a pas (forcément) conscience.

Cette parenthèse refermée, on comprend que celui qui joue sur la corde sensible de nos émotions détient le contrôle sur la manière dont s’enregistre subjectivement nos souvenirs. Or l’épisode dramatique de la plantation négrière, comme celui de la colonisation qui l’a succédé, ont permis à la suprématie blanche de jouer sadiquement avec notre mémoire émotionnelle en y greffant une mémoire traumatique qui a changé communautairement notre vision des choses, en même temps que notre perception de nous-mêmes ; sachant qu’une mémoire traumatique est très handicapante pour mener une vie sociale « normale ». Et dans le cadre de la plantation négrière, et de la colonisation qui l’a relayé, on peut, sans hésiter parler de mémoire hyper traumatique. Et celle ci influe, à notre insu, sur le GPS mentale sur lequel est connecté le pilote automatique de notre inconscient, sachant que tout au long de 4 siècles d’esclavage négrier, et de colonisation qui l’ont relayé, le système de navigation et les données intégrées à l’intérieur étaient non plus « made in africa », mais « made in suprématie blanche ». Autrement dit nous nous sommes retrouver dans la même situation que la fourmi avec le Cordyceps ; sauf que dans notre tête ce n’est pas un champignon, mais la suprématie blanche qui contrôle le vaisseau de notre destinée.

A cela se rajoute les nouvelles informations apportées par une toute nouvelle science – l’épigénétique. Celle-ci nous apprend que l’hyper violence subit par nos ancêtres durant l’esclavage négrier et la colonisation, a pu nous être transmise par héritage épigénétique. Conséquence : nous vivons par procuration la mémoire traumatique d’un de nos aïeux, et cette dernière s’est imprimée dans notre inconscient à notre insu. Ce qui équivaut à écoper d’une double peine traumatique qui nous handicape doublement socialement.

Se rajoute à cela une information que la grande majorité d’entre nous ignore. On ne perçoit pas le monde qui nous entoure avec nos sens (yeux, odorat, ouïe, toucher, le goût), mais contre-intuitivement on fait tout ça avec notre cerveau. En fait nos sens ne sont que des capteurs qui envoient les informations qu’ils collectent à notre cerveau qui les analysent en fonctions des représentations (que nos émotions ont) imprimés dans sa banque d’imagerie mentale qui se trouve dans le disque dur de notre mémoire. Ce qui pousse à déduire que celui qui contrôle notre système éducatif, contrôle notre destinée. Et c’est ce que fait depuis plus de 5 siècles ce proxénète mentale appelé suprématie blanche, lorsqu’il prostitue notre esprit.

Sans compter qu’il a réécrit notre histoire pour nous dominer en changeant notre mémoire perceptuelle et conceptuelle, ceci de manière à ce que nous nous sentions comme des poissons dans l’eau dans sa norme blanche et nous percevions comme des étrangers dans tout ce qui à trait à nos normes traditionnelles. Car dans les laboratoires de la plantation l’impérialisme culturel nous a injecté de faux souvenirs. Et ce qu’il faut savoir c’est que les neurosciences nous apprennent que l’inconscient n’est pas équipé pour distinguer l’illusion de la réalité. Les IRM montre que le cerveau sollicite les même zone neuronal, qu’il fasse appel à une expérience virtuel ou à une expérience vécu.

Ce qui nous amène à parler maintenant de ce que nous avons conceptualisé comme étant les lunettes de vue psychologiques. Lesquelles, si elles ne sont pas fabriquées par notre cosmogonie, mais dans les laboratoires de la propagande impérialiste qui nous les impose, à travers sa francophonie ou son cinéma neurocoloniale ; notre inconscient qui a encore plus peur du vide que la nature, utilisera ce système de navigation ennemi par défaut pour réinterpréter l’environnement qui l’entoure, et ce faisant, nous obligerait à ne voir le monde plus qu’en blanc.

Cependant en ce qui concerne nos traditions, lorsque notre neuro-résistance maronne les restaure, nous voyons qu’elles nous offrent une véritable issue. A l’image de la spiritualité peule (préislamique et anté colonisation), qui – en n’oubliant pas de nous rappeler qu’elle a un socle commun avec beaucoup, si ce n’est toute les cosmogonies africaine – nous apprend que dans ses rites initiatiques le monde est divisé en 3 niveaux.

  1. Le monde visible
  2. La pénombre
  3. La nuit profonde.


Mais ce qui nous interpelle dans ce système de pensée animiste, c’est que ces 3 niveaux énoncés dans une spiritualité multimillénaire, nous rappellent, toute nuance linguistique gardée, les notions de conscient, de subconscient, et d’inconscient cognitif que les blancs semblent avoir découvert « hier matin », en parlant partout du génie de Freud, alors que nos cultures nous enseignent cela de manière totalement naturelle, à la manière de ce que les blancs appellent l’écologie, mais qui en fait n’est un animisme-extra-light, pour ne pas dire canada dry.

Autre point, dans la spiritualité peule, il nous est dit que dans la nuit profonde il y a les ancêtres morts, et ceux qui ne sont pas encore nés. Nous y voyons là le lien avec ce que la jeune science, née « hier après midi », appelle l’épigénétique, toute nuance linguistique gardée (sachant que les langues indo-européennes ne traduisent pas la même réalité que les langues africaines). Cependant nous y voyons une manière simple, mais efficacement philosophique de dire que de bons ou mauvais actes du passé commis sur les ancêtres auront des conséquences bonnes ou mauvaises sur l’avenir. Car dans la nuit profonde existe ce lien transgénérationnel qui relie les ancêtres à leurs ascendants. Et force est de constater que la spiritualité peule n’a pas eu besoin d’attendre l’invention d’un super puissant microscope pour prendre conscience du fait que les ancêtres pouvaient transmettre « épigénétiquement » des choses qui les concernaient à leurs descendants.

Cela pour dire que nous aurions tellement à gagner à ne plus tourner le dos à nos traditions, et que nous devrions nous battre pour exiger de porter nos propres lunettes de vue neuropsychologiques, car sans elles nous sommes aveugles, mais nous croyons voir. Enfin la dernière idée vise à dire que la colonisation lorsqu’elle a débarqué avec ses gros sabots en Afrique subsaharienne, a diabolisé l’homme noir à cause de son système de pensée animiste. Ce faisant, elle a affirmé qu’il était prélogique, et que le blanc, avec son système capitaliste, incarnait quant à lui le nec plus ultra de la civilisation. Mais au final on voit bien que n’est pas civilisé celui auquel la force des armes à feu a permis de s’afficher comme tel. En témoigne le fait qu’aujourd’hui tous les systèmes d’alertes occidentaux, montrent que le mode de vie capitaliste est en train de détruire dangereusement la planète, représentant pas seulement un danger pour les hommes, mais pour tous les êtres vivants. Si bien qu’on entend ici et là qu’il faut désormais être éco-responsable, réduire la quantité de gaz à effet de serre et patati et patata.

Mais ce que nous en disons, c’est qu’il ne s’agit là que d’une écologie-capitaliste, qui ne se soucie pas du bien-être de la planète, mais qui a juste peur de mourir maintenant qu’elle constate qu’elle a jouit sans compter, ni tenir compte des conséquences de ses actes. Pire, si la situation se stabilisait, ses adeptes opportunistes retourneraient jouir à nouveau sans compter, parce que tout ce qui intéresse l’homo-capitalistus c’est justement de jouir sans s’occuper ni des autres, ni de la nature, ni de Dieu, ni du lendemain. Voilà pourquoi si les choses s’arrangent ne serait-ce qu’un tout petit peu, l’écologie-capitaliste ressautera à nouveau les deux pieds joints dans la même alternative polluante pour s’enrichir à n’importe quel prix.

Cela pour dire que nous ne sommes pas là pour convaincre quiconque du fait que le système animiste est plus approprié que le système de pensée capitaliste ou vice versa ; ou que les cultures noires sont meilleures que les blanches ou vice versa. En revanche, nous sommes là pour faire prendre conscience aux gens qu’au vue de l’état d’urgence il va leur falloir désormais choisir entre un système de pensée qui fait la promotion de la mort partout où il est passé depuis plus de 5 siècles, ou un système qui fait la promotion de la vie.

Voilà comment se pose le problème, les blanc eux-mêmes doivent comprendre que le capitalisme a tellement de haine en lui, que s’ils fouillent dans les archives de l’histoire objective ils verront qu’il n’a même pas d’amour pour les blancs (pauvres) qui constituent l’extrêmement grande majorité de ce groupe humain, et qu’à imaginer que le capitalisme tue tous les Noirs un jour, il finira par tuer les blancs. Ceci un peu comme cette citation sioux qui dit :

Lorsque le blanc aura tué le dernier lapin, pêcher le denier poisson, couper le dernier arbre et empoisonné la dernière rivière. Il se rendra enfin compte que l’argent ne se mange pas.

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